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La 420 M58 "Eldorado"

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Messagede maseramo » Jeu 1 Sep 2016 19:51

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420 M58 "Eldorado" : un seul exemplaire construit en 1958 avec 420 pour 4.2 litres, M pour Monoposto (Monoplace), 58 pour son année de naissance, "Eldorado" pour le sponsor ! Cette voiture, très célèbre et unique, se trouve actuellement dans la miraculeuse collection Panini :
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(Photo rapportée par Pat83)


C'est afin de participer au "Trophée des Deux Mondes" qui associait les résultats obtenus aux 500 Miles d’Indianapolis et lors d’une course similaire de 500 Miles disputée à Monza, que "il Signore Zanetti", le président de la firme italienne de crèmes glacées "Eldorado", commanda en 1958 à Maserati cette monoplace aux caractéristiques finales assez ahurissantes pour l'époque et toujours impressionnantes de nos jours : V8 de 4.2 litres pour 410 cv, 758 kg et 370 km/h !

Mais revenons un peu sur cette course "des deux mondes" que l'on appela aussi "Monzanapolis" et qui correspondait aux critères américains : que des virages relevés à gauche (aucun virage à droite) et la plus forte moyenne horaire possible. Cette rotation en sens anti-horaire était très particulière à Indianapolis, la plupart des autres circuits mondiaux tournant en sens horaire. A Monza, on utilisa pour les 500 miles l'anneau de vitesse, pour une fois en sens antihoraire (tracé en points rouges) :
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Le Grand Prix d'Italie de Formule 1 à Monza, à l'époque, se courrait en sens horaire avec un tour sur le circuit et le suivant sur l'anneau de vitesse et ainsi de suite. Par exemple ci dessous en 1955 voici la jonction entre l'anneau de vitesse à droite (Curva Sud Alta velocità) et la Parabolica à gauche (que l'on appelait encore Curvetta sud). Une Mercedes W196 en version roues carénées (c'était autorisé en Formule 1 à l'époque) arrive de chaque côté (Fangio et Moss) :
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Voici le circuit actuel qui, à part les chicanes, est assez conservé :
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L'anneau de vitesse existe toujours mais n'est plus utilisé depuis 1962. J'étais allé faire un tour à Monza en 2014. La pente du virage relevé est très impressionnante :
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je vous jure que c'est très raide et très étroit aussi. Les gars qui tournaient là à 250 km/h étaient sacrément gonflés ! Le béton est nu et lissé, sans revêtement. La photo ci-dessus a été prise du point jaune, c'est le centre du virage, là où la pente est la plus raide :
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Mais je m'égare un peu, revenons donc au "Trophée des Deux Mondes". Une première course de 500 Miles eut lieu à Monza en 1957 mais les européens n'étaient pas près. Seul Jaguar s'engagea. Maserati fit quelques essais infructueux avec une 450 S pilotée par Jean Behra. C'est Blu Sera qui m'apprit cela en nous gratifiant au passage d'une belle photo de Guerino Bertocchi (en casquette) discutant en 1957 avec Jean Behra (de dos en pull rouge) à côté de cette 450 S préparée mais non compétitive (trop lourde avec ses roues carénées, trop équilibrée au centre alors que les virages ne sont qu'à gauche) :
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Cette 450 S était trop loin des temps des voitures américaines et ne participa pas aux 500 Miles de Monza 1957 qui furent remportés par Jimmy Brian sur sa Dean Van Lines Special à la moyenne de 257.6 km/h.
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Re: La 420 M58 "Eldorado"

Messagede maseramo » Jeu 1 Sep 2016 19:54

Les européens se préparèrent mieux pour 1958 avec deux voitures engagées par Ferrari et notre "Eldorado" par Maserati. Il se dit que la 420 M58 fut réalisée en 20 jours, le sponsor Eldorado ne s'étant décidé qu'assez tard ! ça me semble exagérément court mais toujours est-il que l'ingénieur Giulio Alfieri partit d'un châssis tubulaire type 250 F T2 (Telaio 2) renforcé. Il y adapta le V8 de la 450 S mais en version 4.2 litres, c'est à dire le moteur originel V8 4.2 litres duquel était issu le moteur de la 450 S.
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Je vous rappelle en effet que ce mythique moteur Maserati V8 (qui sera utilisé en version route jusqu'en 1990 sur la Quattroporte III) était né en 1956 du fait d'une commande spéciale (émanant d'un italo-américano-californien du nom de Tony Parravano) de deux moteurs V8 de 4.2 litres afin de les installer dans des châssis Kurtis Kraft en vue des 500 miles d'Indianapolis.

Giulio Alfieri et son acolyte Valerio Colotti avaient alors ressorti d'un placard le projet d'un V8 à 90 degrés et quatre arbres à cames en tête, initié par Gioacchino Colombo et Vittorio Bellentani dès 1953, mais qui avait été abandonné après la catastrophe survenue aux 24 heures du Mans 1955. Les deux V8 4.2 litres 410 cv de Tony Parravano furent les deux tout premiers moteurs V8 Maserati d'après guerre, mis au point, réglés puis rodés dans une caisse de 300 S, enfin expédiés depuis Modène aux USA et payés 15000 Dollars pièce, soit plus que le prix d'une Ferrari complète neuve !

Ces V8 "Parravano" étaient à course courte (93.8 d'alésage, 75.8 de course) et à forte compression (12.5:1) ce qui nécessitait un mélange essence-alcool autorisé à Indianapolis.

Giulio Alfieri avait ensuite obtenu l'accord d’Omer Orsi (le patron de Maserati) afin de profiter de cette commande et de ce tout nouveau moteur pour développer une barquette "Sport" en vue de la saison 1957 et ce fut la 450 S avec ce V8 augmenté à 4.5 litres en allongeant légèrement la course de 75.8 à 81 sans toucher à l'alésage, mais en diminuant le taux de compression de 12.5:1 à 9.5:1 afin d'accepter l'essence "super" du commerce, seule autorisée en championnat "Sport" . Malgré l'augmentation de cylindrée, la puissance baissait légèrement de 410cv (à 8000 tr/mn) à 400 cv (à 7000 tr/mn).

Pour l'Eldorado aux spécificités réglementaires "Indianapolis", Giulio Alfieri ressortit simplement un troisième moteur "Parravano" qui répondait exactement aux exigences américaines : 4.2 litres, 4 arbres à cames en tête, 4 carburateurs Weber 45 IDM, compression 12.5:1, mélange essence-alcool et 410 cv à 8000 tr/mn! Comme sur les voitures américaines d'Indianapolis, ce moteur fut disposé 10 cm sur la gauche (vers la corde des virages que prendra la voiture et qui ne seront que des virages à gauche).

La boîte de vitesse de la 420 M 58, placée contre le différentiel arrière, ne disposait que de deux vitesses car, une fois lancé sur l’anneau à virages relevés de Monza comme à Indianapolis, le bolide devait rester constamment à haute vitesse (de 250 km/h dans les virages jusqu'à 370 km/h sur les courtes lignes droites).

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Voici ci-dessus la 420 M58 dans la cour de l'usine de Modène, en attente d'être habillée de l’une des dernières carrosseries en aluminium de Medardo Fantuzzi pour Maserati avant qu'il n'aille œuvrer pour Ferrari. Vous remarquerez que le châssis nu avait encore les jantes Borrani à rayons qui seront remplacées par des jantes en alliage, réputées plus solides à très haute vitesse.

Comme pour toutes les 250 F et beaucoup de barquettes S, ce fut Guerino Bertocchi qui assura les premiers roulages et le rodage de la 420 M58. Après plusieurs centaines de kilomètres à Monza, Guerino, à 43 ans, tournait régulièrement en un temps qui lui aurait permis d’être second sur la ligne de départ, devant Stirling Moss !

Ci-dessous, Guerino Bertocchi s'extraie de L'Eldorado qu'il est en train de roder/régler aux petits oignons !
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Le bolide n'a pas encore ses peintures publicitaires ni son rétroviseur. A gauche, l'ingénieur Giulio Alfieri, les bras croisés et le regard songeur devant l'une de ses innombrables œuvres. Notez le moteur V8 très décalé sur la gauche de l'Eldorado afin que l'équilibre soit meilleur dans les virages à gauche pris à 250 km/h et que l'arbre de transmission passe sur le côté du siège du pilote, ce qui permettait d'abaisser le siège au maximum (valait mieux à 370 km/h en ligne droite). Les mains dans le moteur, je crois que c'est Ermanno Cozza alors que l'on a probablement le mécanicien Giulio Borsari derrière lui en blanc.
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Re: La 420 M58 "Eldorado"

Messagede maseramo » Jeu 1 Sep 2016 19:57

ça y est, la 420 M 58 est devenue l'Eldorado ! elle a reçu ses peintures publicitaires (photo Blu Sera) et sa première version de capot avec la prise d'air (pour les carbus) fine et reculée derrière les drapeaux italiens :
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Guerino Bertocchi (en casquette à gauche) fait passer les grilles de "l'autodromo di Monza" à la 420 M58 peinte aux couleurs d’Eldorado (blanc avec le logo du gamin chapeauté). C’est l’une des premières voitures de course européennes "publicitaires", aux couleurs et avec le nom du propriétaire-sponsor en grosses lettres sur la carrosserie. Les "pâtes alimentaires Buitoni" avaient bien apposé leur nom au-dessus de la grille d’extraction d’air des barquettes 200 S,350 S et 450 S des Mille Miglia 1957 mais en caractères plus discrets et laissant les carrosseries rouges.

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Ci-dessus Guerino Bertocchi en pull rouge à côté de Giulio Alfieri en anorak beige et Stirling Moss avec son éternel casque blanc aux commandes (encore une photo dénichée par Blu Sera). Je parierais bien que c'est Medardo Fantuzi de dos, le crâne dégarni et en pull marron. Il va être encore sollicité pour réaliser un nouveau capot.

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Ci-dessus durant les essais, échange de regards lourds de sens entre l'ingénieur Giulio Alfieri et le pilote Stirling Moss ! Il fallait quand même une sacrée confiance en l'ingénieur pour pousser ce bolide à 370 km/h dont 250 à 260 km/h en virage relevé ! C'est encore la petite prise d'air assez reculée sur le capot qui est installée.

Toujours durant les phases d'essais, la communication est intense entre Stirling Moss et Guerino Bertocchi :
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Bertocchi sait de quoi il parle, c'est un excellent pilote-metteur au point châssis (collaudatore) et Stirling Moss tourne dans les mêmes temps, pas plus vite ! Noter les jantes en alliage qui ont remplacé les Borrani à rayons.
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Re: La 420 M58 "Eldorado"

Messagede maseramo » Jeu 1 Sep 2016 19:59

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Ci-dessus l'incontournable Guerino Bertocchi près de la 420 M58 qui a reçu son nouveau capot à grande prise d'air débutant très en avant et non encore peinte en vert-blanc-rouge. Les deux drapeaux italiens peints au début du capot ont, du coup, disparu. Cette image est une capture du film découvert par Pat83 à la fin de l'article qu'il a rapporté :
http://petrolicious.com/eldorado-was-st ... -billboard

Ci-dessous Guerino Bertocchi (en casquette) penché sur Stirling Moss au volant. Je pense reconnaître Mr Zanetti, le président d'Eldorado (en costume clair avec le mouchoir à la pochette, près du "carabiniere" à l'arrière) et Giulio Borsari (en chemise marquée "Eldorado" et casquette blanche) à l'avant :
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Stirling Moss a l'air soucieux. Pour un européen, c'est une expérience inhabituelle de piloter "en Indy" l'Eldorado de 410 cv, volontairement complètement déséquilibrée à gauche, qui file à 370 km/h et déjà à plus de 250 km/h dans les "banking", les virages relevés, où toute l'astuce est d'être à la bonne hauteur par rapport à la vitesse (trop haut ou pas assez vite et on glisse vers la corde, trop vite on dérape vers le haut malgré le surbraquage des roues). Cela n'a absolument rien à voir avec une Maserati 250 F de 270 cv merveilleuse d'équilibre, virevoltant dans les lacets de Monaco, et plafonnant à 290 km /h. Il parait qu'il y a un monde entre 290 et 370 km/h !
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Re: La 420 M58 "Eldorado"

Messagede maseramo » Jeu 1 Sep 2016 20:03

Le grand jour de la course est arrivé ! Toute l'équipe des mécanos a reçu une combinaison blanche immaculée signée "Eldorado" avec le logo du gamin chapeauté. Guerino est à droite du bolide :
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(photo capturée également à partir du film "de Pat83"). Merci Patrick, ton post arrivait à point nommé !

Ci-dessous une photo "Blu sera" avec Guerino Bertocchi à gauche, toujours très proche du pilote, probablement son frère Gino Bertocchi à droite et Giulio Borsari derrière Gino :
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C'est parti pour avaler les 500 Miles de Monza en trois manches ! ça n'a pas l'air comme cela mais je vous assure que c'est très en pente en haut du "banking" : un homme debout a du mal à tenir sur ses deux pieds ! L'image ci-dessous n'est pas de bonne qualité mais donne une idée des difficultés d'un homme à gravir le "banking" de Monza dans sa portion centrale la plus relevée :
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Sur cette photo rapportée par Pat83, on voit l'effort de Stirling Moss sur le volant et on imagine les contraintes mécaniques sur la direction, semble-t-il en léger surbraquage :
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Ci-dessus, Stirling Moss et l'Eldorado en pleine attaque.
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Re: La 420 M58 "Eldorado"

Messagede maseramo » Jeu 1 Sep 2016 20:06

L'Eldorado était dans le coup, se classant 4ème et 5ème des deux premières manches. Mais dans la troisième manche, alors que Stirling Moss était dans les toutes premières places, le boîtier de direction se brisa, probablement du fait des énormes contraintes mécaniques en virage, entraînant un accident à plus de 250 km/h dont le pilote sortit heureusement indemne.

L'excellent Nicolas Jeannier, dans Arthomobiles.fr, rapporte les impressionnantes paroles de Stirling Moss au sujet de cet accident :
" Alors que je prenais le banking, mes bras se sont soudain croisés. J'ai immédiatement compris que quelque chose allait de travers. Tout ce que je pouvais faire, c'était appuyer sur les freins, fermer les yeux et attendre l'impact. J'ai frappé trois gros poteaux au sommet du virage en plus de plier la barrière métallique, mais heureusement je suis ensuite parti en tête-à-queue en direction du terrain situé au centre de la piste. Et c'était tout. Je me souviens qu'avant d'ouvrir les yeux, je trouvais qu'il faisait chaud et qu'il y avait énormément de poussière. C'est à ce moment que j'ai réalisé que j'avais survécu avec rien de plus qu'une égratignure. En y pensant, je réalise à quel point cet accident était affreux. Je ne pouvais rien faire pour l'éviter et je le savais. Normalement, vous entrez en mode limitation des dommages et vous vous battez avec la voiture, mais puisque je n'avais plus de direction, enfoncer la pédale de freins était tout ce que je pouvais faire. Ce n'était pas particulièrement rassurant, car j'étais convaincu que j'allais m'envoler au sommet de la pente et que tout allait se terminer là pour moi."

Images issues du film de "Pat83", voici l'impact, assez faible, sur le rail :
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Pas de traces de freinage avant l'impact. En excellent pilote, Stirling Moss a freiné sans bloquer les roues, ce qui est plus efficace.
les traces de dérapages lors du tête à queue :
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et l'Eldorado immobilisée en sens inverse finalement sans trop de dommages :
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Vue la précipitation dans la construction de l'Eldorado (20 jours seulement selon la légende), peut-être l'avait-on simplement équipée d'un boitier de direction de 250 F sans renfort spécial ? Peut-être pas ? C'était la première fois que l'ingénieur Giulio Alfieri manquait de tuer Stirling Moss, avant les soudures craquelantes du châssis du prototype Birdcage en 1959 ! Je n'ai pas retrouvé d'interview de "l'ingeniere" au sujet de la rupture de la direction de l'Eldorado mais, sachant le caractère soucieux de Giulio Alfieri, on imagine sans peine qu'il a du être ébranlé par cet accident, heureusement sans conséquences lourdes.

C'est l'américain Jim Rathmann qui emporta les 500 Miles de Monza 1958 sur sa Zink Leader Gard Spl. à plus de 268 km/h de moyenne, ce qui était extraordinaire pour l'époque. Une Ferrari se classa troisième et Moss septième malgré son accident car il y eut beaucoup d'abandons sur casse mécanique .
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Re: La 420 M58 "Eldorado"

Messagede maseramo » Jeu 1 Sep 2016 20:08

Afin de participer aux 500 Miles d'Indianapolis 1959, l'Eldorado fut reconstruite, cette fois-ci sans dérive et peinte en rouge pour mieux se démarquer des voitures américaines souvent blanches. C'est le premier capot à prise d'air fine et reculée qui fut utilisé à Indianapolis 1959 :
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On voit ici à Indianapolis 1959 et de la gauche à la droite : Guerino Bertocchi, Tony Hulman ( le directeur du ''Indianapolis Motor Speedway") et monsieur Zanetti (le directeur des glaces Eldorado).
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Il semble que le moteur de cette "nouvelle Eldorado" fut poussé jusqu'à 450 cv mais elle ne put pourtant pas se qualifier à Indianapolis, peut-être sur défaut d’alimentation malgré la présence sur place de Guerino Bertocchi qui ne parvint pas à réparer la panne, peut-être aussi selon certaines sources par l'insuffisance du pilote, un italo-américain du nom de Ralph Liguori, insuffisamment expérimenté (on aurait du laisser piloter Guerino !). Ci-dessous l'Eldorado dans les stands d'Indianapolis avec Guerino Bertocchi aux mains vainement maculées de cambouis :
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Re: La 420 M58 "Eldorado"

Messagede maseramo » Jeu 1 Sep 2016 20:12

L'Eldorado termina là sa très courte carrière, fut rapatriée à l'usine de Modène où elle fut restaurée dans sa livrée originelle blanche de Monza 1958 avec la dérive et le nom de Stirling Moss sur le flanc. Rachetée fin 1996 par Umberto Panini avec tout le "fond historique " Maserati, elle se trouve actuellement au merveilleux musée Panini à Modène :
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La signature de Stirling Moss gravée pour toujours dans l'aluminium (photo "Pat83") :
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Le pilote était très décalé à droite, notez le repose -genou :
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Voici une photo émouvante de l'Eldorado prise au musée Panini :
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Giulio Alfieri est à droite en pardessus clair, aussi renfrogné qu'en 1958 ! Cette photo a été prise en 2000 ou 2001. Giulio Alfieri décédera en 2002 à l'âge de 78 ans. Devant lui en veston à carreaux se trouve Ermanno Cozza. De l'autre côté du moteur en chemise bleue nous avons Stirling Moss et tout à gauche en complet gris et pull bariolé le mécanicien Giulio Borsari.
Ci-dessous les même protagonistes autour de la même voiture en 1958 : Giulio Alfieri les bras croisés à gauche, Ermanno Cozza les mains dans le moteur presque au même endroit qu'en 2001, Giulio Borsari en blanc. Mais c'est Guerino Bertocchi (décédé en 1982) qui s'extraie du cockpit de l'Eldorado en phase de mise au point :
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Dernière édition par maseramo le Jeu 1 Sep 2016 21:00, édité 1 fois.
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Re: La 420 M58 "Eldorado"

Messagede maseramo » Jeu 1 Sep 2016 20:15

Comme il est de règle pour les merveilles du musée Panini, l'Eldorado est souvent de sortie. Ci-dessous à Chantilly :
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Ou au musée Casa Enzo Ferrari de Modène :
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Re: La 420 M58 "Eldorado"

Messagede maseramo » Jeu 1 Sep 2016 20:17

Et bien voilà les amis, vous connaissez désormais bien celle qui fut l'une des Maserati les plus rapides de l'histoire de la marque (avec la 8CLT de 1950 et la MC 12 "Corsa" de 2004). Stirling Moss n'avait pas "froid aux yeux", il avait curieusement baissé ses lunettes qui sont autour de son cou sur cette photo :
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